lundi 17 mars 2014

Déménagement

J'avais écrit ce texte il y a deux ans le soir de la remise des clés à un jeune coupe qui allait construire sa nouvelle vie dans leur ancienne maison. Mes parents étaient chez moi et dormaient dans la pièce d'à côté. Je voulais laisser une trace de la vie que nous avions eu tous les 4.





Ce soir une maison est vide, les meubles attendent tranquillement dans un camion et les occupants ont fermé la porte sur 31 années de vie.
Cette maison, c'est celle qui est venue tenir compagnie à celle du bout du chemin, elle a été imaginée et dessinée avec de la réflexion, ils avaient même pensé y finir leur vie, mais la vie réserve parfois des surprises qui font changer les plans élaborés 30 ans auparavant.
Dans cette maison 31 années de bonheur se sont déroulées. Elle les aura fait suer, jardiner, terrasser, décorer.
Elle aura servi de modèle pour un catalogue de papier peint, elle y aura entendu des rires de petites filles et des cris d'adolescentes. Elle aura abrité des amours, des amitiés, des pleurs. Ses murs, plafonds ou portes auront même parfois soufferts de quelques coups ou jets d'objets.
Cette maison avait toujours la porte d'entrée ouverte, jamais une clé n'est venue verrouiller la serrure afin que les amis ou la familles puissent ouvrir à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit.
Elle aura accueilli des fêtes, des anniversaires, des motos ayant besoin de révision. Son barbecue aura servi un nombre incalculable de fois et les plus grands plateaux de fruits de mer auront été servis.
Une future mariée s'y est préparée dans la chambre de ses parents, la plus grande, avec un grand miroir.
Une jeune maman son bébé et son mari y auront trouvé refuge pendant 9 mois en attendant que leur maison à eux se construise.
D'autres petites filles auront joué avec les anciennes poupées et barbies de leurs mamans. Des petits garçons aussi ont appris à jouer aux dames avec papi.
Difficile de la quitter ? Probablement, surement même.
Aujourd'hui ils attendent de pouvoir rentrer dans la nouvelle et déjà ce soir ils parlaient de ce qu'ils allaient y faire dedans.
Ils se sont rapprochés de leurs filles comme eux l'avaient fait auparavant en se rapprochant d'une maman.
J'aime à dire que nous sommes tricotés serrés et que ce qui compte c'est que nous ne soyons pas trop éloignés les uns des autres.
Nous avons été heureux dans cette maison, mais le bonheur s'emporte partout.
L'essentiel c'est que malgré toutes ces années, l'amour que l'on se porte soit toujours aussi fort et que l'on ne puisse imaginer vivre sans cet amour.
Une nouvelle vie va s'écrire dans la maison de l'impasse des Jonquilles, des petits enfants viendront y jouer avec le futur billard ou baby foot que papi a promis, y déjeuner. Des filles viendront plus souvent pour boire un petit café, discuter au coin d'une table avec une maman qui fermera la porte pour ne pas qu'il entende. Des gendres viendront y aider pour bricoler et apporter des conseils qu'il n'écoutera probablement pas.
A nouveau cette maison va être décorée, on va y jardiner et des fêtes vont y être données pour les voisins que l'on a quitté. Elle abritera des confidences d'adolescentes et des jeux de petits garçons mais surtout elle y abritera deux parents extraordinaires que la vie a un peu fragilisés.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Que de beaux souvenirs ! Comme tu l'as si bien dit, le bonheur se vit heureusement n'importe où et nos souvenirs ne nous quittent pas. Bon courage et tous mes vœux pour cette nouvelle vie ! Je n'ai pas de maison comme celle-là car j'ai toujours eu ma maison sur mon dos ... Bisous

Chrystel a dit…

Ce texte à deux ans, le bonheur dans la nouvelle maison aura été de courte durée. Mais ils sont encore là tous les deux. J'ai eu envie de publier ce message un peu moins triste que les précédents. Bises Stef

Manon•Stéphane☆彡 a dit…

De beaux souvenirs remplie de bonheur émane de cette jolie maison...

Bisous Chrystel

Manon

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